La police dans 200 ans !

La grande route du nord, tomes 1 et 2 / Peter F. HAMILTON

Bragelonne SF, 2014

 

Au XXIIème siècle, l’inspecteur Sid Hurst tente de résoudre une affaire de meurtre qui touche la richissime et puissante famille North dont les membres sont clonés depuis 3 générations. La victime a été transpercée par plusieurs lames comme un autre North, vingt ans auparavant, sur la planète St Libra. La meurtrière présumée, Antela Tramelo, purgeant sa peine, elle ne peut être mise en cause. Celle-ci, seule témoin du premier meurtre, a toujours clamé son innocence, mettant en cause un humanoïde d’origine extraterrestre mais. les images arrachées à sa mémoire ne sont pas assez nettes pour la mettre hors de cause.

Sid et son équipe tentent de démêler une affaire d’autant plus complexe que plusieurs factions rivales rendent complexes les rapports entre les membres de la « famille » North clones mais néanmoins différents d’une génération à l’autre. Une expédition est envoyée sur la planète St Libra afin de déterminer si une forme de vie extra-terrestre y est dissimulée. Angela est extraite de sa prison pour y participer. Peu à peu, tous les membres de l’expédition commencent à disparaître un à un dans la jungle hostile de la planète.

 

Mêlant intrigue policière, anticipation et science-fiction, le roman de Peter Hamilton est en 2 parties dans l’édition française. La première tourne essentiellement autour de l’enquête et pourrait décourager les lecteurs de SF. Qu’ils soient un peu patients, la partie exploration de la planète, qui réveille l’intérêt des lecteurs arrive en fin de premier tome et va permettre de capter l’intérêt dans toute la 2ème partie du roman. 


Le retour de Bordage !

La Fraternité du Panca, 5 tomes / Pierre BORDAGE

L'Atalante, 2007-2012

 

Nombreux sont ceux qui attendaient Pierre Bordage au tournant du "Space opera" après son chef-d'oeuvre des années 1990 "Les Guerriers du silence". Le cycle du "Panca" permet à ses lecteurs de retrouver les thèmes humanistes chers à l'auteur, des héros membres d'une organisation qui oeuvre pour le salut de l'humanité dispersée sur de nombreuses planètes, le tout dans un futur très lointain.

Chacun des 5 héros fait l'objet d'un tome avec son passé, son arrivée dans la fraternité, son initiation et son combat et long périple pour transmettre le flambeau au maillon suivant. Le but étant de reconstituer une chaîne de transmission de 5 membres.

La trame est la même pour chacun des tomes et peut lasser mais Bordage maîtrise l'art de trouver des biais pour renouveler l'intérêt d'un tome à l'autre. Toute une galerie de personnages secondaires gravite autour des personnages centraux et sont souvent plus attachants que ceux-ci d'ailleurs.

Quelques longueurs et clichés font que ce cycle n'est pas aussi réussi que l'oeuvre maîtresse "Les guerriers du silence" mais, ne boudons pas notre plaisir, c'est un Bordage !



Inspirateur de Barjavel ?

La Sphère d’or / Erle Cox
Terre de brume, 2008

Ecrit en 1925, « La sphère d’or » nous plonge au cœur d’un univers fantastique à la fois fascinant et effrayant.

En Australie un jeune propriétaire terrien, Alan, tombe sur une matière étrange en creusant à proximité de sa propriété. Il découvre l’entrée d’une galerie souterraine. Celle-ci le mène aux vestiges d’une ancienne civilisation humaine disparue mais techniquement beaucoup plus avancée que l’humanité contemporaine. Au cœur de la cité enfouie, il découvre un signe de vie…

Ce point de départ va forcément rappeler le début de « La nuit des temps » de Barjavel à tous ceux qui l’on lu. Le quatrième de couverture nous informe d’ailleurs que ce serait ce texte qui aurait inspiré Barjavel. Dans ce roman, la fascination de la découverte cède la place à la répulsion face aux thèses qui fondent l’existence de la civilisation imaginaire décrite. Il est d’ailleurs très intéressant de constater que le roman, écrit en 1925, fait allusion à des théories qui auront cours quelques années plus tard.



Une curiosité littéraire pour amateurs de longues histoires...

La Compagnie des glaces / J. G. Arnaud

Fleuve noir, 2004 (réédition)

 

La compagnie des glaces constitue le plus long feuilleton littéraire jamais écrit par le même auteur, le billet sera donc un peu plus long lui aussi ! 

 

A l'image des auteurs de SF ou de fantasy, J. G. Arnaud crée une civilisation avec ses populations diverses, leurs croyances, leurs codes, à la différence que ce monde apocalyptique est le nôtre.

 

Suite à l'explosion de la lune due à une catastrope nucléaire que l'auteur situe vers le XXIème siècle, la terre est couverte de glace. Les rayons du soleil ne peuvent plus transpercer l'épaisse couche de débris lunaires qui entoure la planète. Les survivants de la catastrophe se sont constitués en compagnies ferroviaires fondées plus ou moins sur les frontières des anciennes grandes puissances du XXème siècle. Les hommes vivent dans des stations ou dans des trains gigantesques qui se déplacent d'une station à l'autre. Celles-ci sont protégées du froid polaire par des dômes vitrés et chauffés.

 

Au début de la série, la "Panaméricaine" et la "Transeuropéenne" sont en guerre depuis des années. Un modeste "glaciologue" Lien Rag, fait plusieurs rencontres qui vont l'amener à se poser des questions qui transgressent l'ordre établi par la caste des aiguilleurs qui contrôle toutes les compagnies. D'où viennent les "roux", race humanoïde apparue après la catastrophe, couverte de fourrure et moins agressive que les autres humains ? D'où vient le pouvoir des aiguilleurs ? Les recherches de Lien Rag en font un fugitif pourchassé par tous ceux qui ont intérêt à ce que certains secrets sur la glaciation ne soient pas révélés. La quête dangereuse de Lien Rag donne lieu à de nombreux rebondissements au fur et à mesure qu'il découvre des stations où certains hommes se laissent parfois gouverner par les plus vils instincts et protègent des secrets incroyables.

 

Arnaud fait preuve d'une imagination peu commune, inventant des retournements et développements sans fin tout en restant dans les limites de l'univers qu'il imagine. Chaque fin d'épisode ouvre des possibilités multiples pour maintenir l'intérêt du lecteur. La lecture est à réserver à un public averti tant la description de la sexualité perverse et débridée de certains personnages franchit tous les interdits outre l'atmosphère de violence permanente.

La compagnie des glaces est loin d'être un chef-d'oeuvre sur le plan du style et de l'écriture peu travaillée et l'édition en poche est truffée de coquilles.

Néanmoins, on admire les performances de l'auteur qui, certes, se complait dans la description des côtés les plus noirs de l'homme lorsqu'il est débarrassé du vernis civilisé mais rend hommage à tout son génie lorsqu'il s'agit de survivre dans un milieu hostile. Les innovations techniques, l'esprit d'entreprendre et de reconstruire sans cesse même quand tout est balayé par les aléas climatiques sont l'un des points que l'on retient de ce tour de force littéraire.